mon·inflation.fr

Logement

Taxe foncière : +7,1 % en 2023, +17 % de base en cinq ans — la hausse d'impôt que personne n'a votée

Depuis 2018, la base de la taxe foncière est indexée automatiquement sur l'inflation. Résultat : +3,4 % en 2022, +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024, avant toute décision des communes. L'UNPI mesure +22,6 % de taxe payée entre 2019 et 2024. Année par année, et pourquoi l'indice des prix ne la compte pas.

Publié le 4 septembre 2026 · 3 min de lecture

La taxe foncière a une particularité : elle augmente chaque année sans qu'aucun élu n'ait à voter une hausse. Sa base — la valeur locative cadastrale du logement — est revalorisée par un coefficient fixé par la loi, indexé depuis 2018 sur l'inflation de novembre. Les communes votent ensuite leur taux, qui s'applique à cette base déjà augmentée.

Le coefficient, année par année

Revalorisation forfaitaire des valeurs locatives des propriétés bâties (article 1518 bis du Code général des impôts) :

Année Revalorisation de la base Mode de fixation
2005-2013 +1,2 % à +2,5 % par an voté en loi de finances
2014-2017 +0,4 % à +1,0 % par an voté en loi de finances
2018 +1,2 % première année de l'indexation automatique
2019 +2,2 % inflation de novembre 2018
2020 +1,2 %
2021 +0,2 %
2022 +3,4 %
2023 +7,1 % la plus forte hausse depuis 1986
2024 +3,9 %
2025 +1,7 %
2026 +0,8 % inflation de novembre 2025

Entre 2020 et 2025, la base a progressé de 17,3 %. Sur vingt ans, de 46 %. Une taxe foncière de 1 000 € en 2020 en vaut 1 173 € en 2025 à taux communal inchangé — et la plupart des communes ne l'ont pas laissé inchangé.

Ce que les propriétaires paient vraiment

L'Observatoire national des taxes foncières de l'UNPI, qui exploite les fichiers de la DGFiP, mesure la taxe effectivement payée : +22,6 % entre 2019 et 2024, dont 16,7 points venus de la revalorisation des bases et 5,1 points des hausses de taux votées localement. Sur dix ans (2014-2024), +37,3 %, quand l'indice des prix faisait +19,9 % et les loyers +8,7 %. Dans les 200 plus grandes villes, la hausse a été de 4,7 % en 2022, 9,3 % en 2023, 4,9 % en 2024 et 1,7 % en 2025.

La suppression de la taxe d'habitation a fait de la taxe foncière la dernière ressource fiscale directe des communes. Le levier n'a plus d'alternative — et il est actionné.

Pourquoi l'inflation officielle ne la voit pas

L'indice des prix à la consommation mesure des prix de biens et services. Il exclut les impôts directs : la taxe foncière n'y figure pas, pas plus que l'impôt sur le revenu. Un propriétaire dont la taxe foncière passe de 1 000 € à 1 230 € subit une hausse de 230 € par an que l'inflation officielle ne compte pas — et sur laquelle, par définition, 100 % du surcoût est un impôt. C'est l'un des écarts que le simulateur réintègre pour les propriétaires.

Propriétaire ou locataire : deux hausses différentes

Le locataire subit l'IRL sur son loyer (+11,7 % en cinq ans) et les charges récupérables. Le propriétaire occupant ne paie pas de loyer, mais cumule la taxe foncière (+17 % de base), les charges de copropriété (+4 à +5 % par an depuis 2021 selon l'ARC) et l'assurance. Sa mensualité de crédit, si elle est à taux fixe, est en revanche la seule dépense de son budget qui n'a pas bougé : c'est pour cela que le simulateur la compte avec une hausse nulle.

Et chez vous ?

Le simulateur intègre votre taxe foncière, vos charges et votre crédit. Calculer mon inflation réelle — ou voir la série complète de la taxe foncière.

Sources : Légifrance, article 1518 bis du CGI (coefficients 2005-2017) ; BOFiP, BOI-IF-TFB-20-20-20-20 (indexation sur l'IPCH depuis 2018) ; Association des maires de France, impact de l'IPCH de novembre 2025 sur les valeurs locatives 2026 ; UNPI, Observatoire national des taxes foncières, 19e rapport (octobre 2025). Les coefficients 2018, 2020 et 2021 sont repris du tableau UNPI ; 2018 diverge légèrement selon les sources (+1,2 % ou +1,1 %).